- Question
- Si certains ont établi un lien entre criminalité et schizophrénie,
sur quoi se basent- ils?
Quelles en sont les implications juridiques?
- Réponse
-
On ne peut pas nier, qu'il y a eu de la violence et parfois des meurtres commis par des personnes souffrantes de schizophrénie
dans la phase délirante de la maladie. En effet, les voix entendues, très envahissantes pour le malade, peuvent demander des
actions de punitions vers des personnes ou leurs biens dans le but de "punir ou protéger la société (ou la personne) d'un être
que les voix qualifient de maléfiques et punissables".
Par contre il s'agit d'un pourcentage beaucoup plus infime, que dans la population soit disant normale.
Mais plus souvent, ces hallucinations auditives harcèlent la personne contre soi-même et provoquent ainsi plutôt des suicides:
chez les schizophrènes le taux de tentatives de suicide est de 20% à 40% et les suicides réussis de 10% à 13%!
Par contre il n'y a pas de liens avec la criminalité "sans scrupules": dans ces cas, s'il y a une composante "psychiatrique"
chez ces criminels, est plutôt de l'ordre des troubles de la personnalité et n'a rien à voir avec la schizophrénie.
Malheureusement les médias, des livres policiers et des films ont véhiculé longtemps l'image schizophrénie = criminalité!
Sur le plan juridique, la personne malade (ou son avocat) doit prouver que lors de l'acte, elle était pas en possession de
ses facultés de discernement et de jugement; ce qui ne semble pas être facile, si on tient compte de différents jugements des
tribunaux (voir sous news générales :" la justice ne semble pas connaître la schizophrénie (31.3.04)" et "la jurisprudence suisse
concernant les personnes avec une maladie psychique (21.4.04)"
- Question
- Mon fils refuse de reprendre son traitement, ça fait 4 mois, son état se dégrade de plus en
plus. Notre médecin de famille a cessé ses activités en juin et nous sommes confrontés à un problème,
car le psychiatre ne nous établit pas de certificat médical permettant une hospitalisation, lors de crises.
Son refus personnel de soin est prioritaire sur sa santé, nous ne savons plus quoi faire ?
Merci à l'avance, si vous connaissez une solution.
- Réponse
-
Lors d'une situation de dégradation continue et progressive, comme décrite dans la question,
pour une hospitalisation (valable pour la Suisse), il faut tenir compte de différents facteurs et notamment,
si le malade accepte ou non une hospitalisation volontaire.
1. Le malade accepte une hospitalisation:
- Dans ce cas, il faudrait voir quelle est la motivation du psychiatre pour refuser une hospitalisation volontaire
(évaluation différente de la situation par le psychiatre, qu'il juge l'état de votre fils moins alarmant que la famille?
Manque de renseignement sur l'état de santé de votre fils?, autres?).
Est-il possible de discuter avec la psychiatre (même en présence de votre fils) et pousser à une hospitalisation volontaire?
- Chercher un autre médecin traitant, qui pourrait demander l'hospitalisation après avoir contacté le psychiatre
2. Le malade ne voit pas la nécessité d'une hospitalisation et la refuse.
- Il reste dans ce cas la possibilité d'une hospitalisation contre sa volonté (donc forcée)à fin d'assistance.
Dans ce cas et spécialement dans une situation de crise: agressivité avec violence, refus prolongé de se nourrir,
un médecin attitré de la région (médecin de garde) pourrait demander une hospitalisation contre la volonté de votre
fils à fin d'assistance et c'est ensuite à l'institution et au service juridique du canton de décider sur la validité
de telles mesures de contraintes.
Le médecin, qui doit avoir le permis de pratique dans le même canton, prendra plus facilement une décision, s'il y a
violence physique, danger aigu pour la personne elle-même ou l'entourage, si la personne est complètement dans un délire.
De telles interventions (même si nécessaires) sont souvent très traumatisantes pour le malade et son entourage et demande
souvent l'intervention de la police.
Par contre, si le médecin appelé d'urgence se trouve devant une personne, bien sûr affectée, mais pas dans un état de
crise, ne va probablement pas demander une hospitalisation forcée, mais il va essayer de proposer une hospitalisation
volontaire et le ré adresser à son psychiatre.
Je pense, que, si possible, il faut re-discuter avec le psychiatre.
- Question
- Est-ce qu'une personne souffrant de schizophrénie peut travailler normalement dès qu'elle se sent mieux ?
- Réponse
-
Lorsque la personne sort d'une " crise " de psychose et commence à réagir
de façon favorable au traitement médicamenteux (soit à la maison, soit en
milieu hospitalier), elle reste encore très fragile avec peu de ressources,
beaucoup de difficultés à se concentrer, une fatigue énorme, des troubles
du sommeil, un manque de moyens pour contrer le stress, une irritabilité
augmentée et le danger d' " éclats " subites.
Dans ces conditions une reprise de son activité professionnelle aux 100% ou
même à un degré inférieur n'est pas possible et expose la personne à une
rechute précoce !
Il ne faut pas oublier : La capacité de réagir au moindre stress imposé
par les contraintes et la discipline demandée à la place de travail, est
minime et le danger d'une nouvelle crise très probable !
Donc, la reprise du travail reste un problème secondaire et à prendre
en considération avec beaucoup de prudence : il ne faut pas forcer ou
sur-stimuler les personnes malades ; la reprise doit être faite doucement en
plusieurs étapes selon ses capacités temporaires à réagir au stress et on doit
être prêt à arrêter tout de suite en cas d'aggravation de son état.
- Question
- La schizophrénie correspond-elle à un dédoublement de la personnalité ?
- Réponse
- Non. La schizophrénie n'a rien à voir avec le problème de la double personnalité.
Il s'agit d'une maladie par laquelle la personne perd le contact normal avec ses semblables et le monde réel suite à un mauvais fonctionnement cérébral.
Cette maladie est caractérisée par la présence de délires et hallucinations, par des troubles de la pensée et de la perception du monde externe.
- Question
- Les patients soufrant de schizophrénie sont-ils dangereux ?
Réponse
La plus part des personnes souffrant de schizophrénie ne sont pas du tout violentes.
La majorité à plutôt tendance à se replier sur soi.
Souvent la violence est dirigée contrer soi-même et les suicides sérieux sont beaucoup plus fréquents que dans la population sans maladie psychiatrique.
Parfois, il est vrai, que dans le délire ils peuvent être dangereux spécialement si les "voix" leur "commandent" d'effectuer des actes de violence contre les proches ou autres personnes, mais la criminalité quotidienne est due presque à la totalité à des personnes dites normales
- Question
-
Est-ce que la personne souffrant de schizophrénie peut interrompre sa médication dès qu'il se sent mieux ?
Réponse
Non. Même si la personne se sent mieux.
Le fait que les symptômes aient disparu, ou soit réduits ne signifie pas que la personne est guérie.
Une interruption du traitement médicamenteux mène très souvent à la rechute (selon une étude, sept personnes sur dix rechutent dans les deux ans après arrêt du traitement
|